12 mai 2020

La texture de l'inconnu

Peut-être que vous ne vous êtes jamais penchés sur Lovecraft, ce ne serait pas si aberrant. Laissez-moi vous en toucher deux mots, alors. Parce que même si on le confond avec Warcraft ou Lara Croft, même si on se le figure possiblement comme un austère auteur anglais, on est parfois surpris de le trouver comme un auteur américain imaginatif et torturé, plein de grandes idées sur ce qu'autrefois on qualifiait d'horreur et qui est maintenant rentré dans la grande famille de la science-fiction, bien qu'il s'agisse plus de fantastique. ... [Lire la suite]

08 mai 2020

Le silence qui suit

Vous aussi, je me doute, vous vous êtes déjà sortis de la le cture d'un texte court persuadés de l'avoir lu plus long qu'il le n'est. Peut-être même, plus loin encore, peut-on parler de la densité du texte, celle qu'on aperçoit en lisant, par delà les lignes de l'auteur. C'est un peu le cas du texte d'aujourd'hui. Le conte de la lune non-éteinte est basé sur une intrigue assez triviale et ses personnages peu nombreux. Son développmeent est rapide et son dénouement n'est l'objet d'aucun mystère ni d'aucun suspense. Plus encore: même... [Lire la suite]
05 novembre 2019

A la volette

Un petit opuscule, comme ca, au détour d'une librairie à la gare de Genève. Un petit éditeur suisse, aussi, mais dont j'ai déjà du parler ici il y a longtemps jusqu'à en faire un plus si petit que ça, puisqu'on le connait déjà tous. Guillaume Rihs, aussi, auteur du coin dont le nom me rappelait quelque chose d'un peu lointain avant que je me souvienne l'avoir plusieurs fois installé sur la table devant la fenêtre. Il y avait une table et un café, aussi, mais ça, on s'en fout un peu. Il est assez amusant, ce petit texte de Guillaume... [Lire la suite]
28 août 2017

L'autre cage

               Aujourd’hui, juste avant de lancer la rentrée littéraire dans le flot improbable de la routine, juste au moment où je me lance dans de longues phrases kitsch au sens incertain et juste parce que je fais ce que je veux, je me ramène avec un film. Voilà.                 Qu’on se rassure, quand même, le film est adapté d’un roman, hein ? On reste dans la littérature, quand même. Le film vient de Sofia... [Lire la suite]
27 décembre 2016

Le cosmos à trois têtes

D'accord, la parution remonte au vingt cinq août et je ne vous en parle qu'à l'approche du réveillon, mais attendez de voir ce qui suit.  J'ai pas mal parlé d'Elitza (que j'appelle par son prénom, comme tous les auteurs dont je parle ici mais que je vouvoierais certainement s'ils viennent par chez moi et s'ils ne n'invitent pas au tutoiement, mais on s'en fout) pendant les fêtes et j'espère que les lectures chez chacun prendront. Il y a ceci de frappant dans son texte qu'on a l'impression d'être en apesanteur à mesure que le... [Lire la suite]
03 avril 2016

Disséction de l'instant

Il faut rendre hommage à Jean-Marc. Oui, j'appelle les auteurs par leurs prénoms, maintenant, et je les tutoie, même. Il faut te rendre hommage, Jean-Marc, et pour étayer cette idée nocturne et échapper au post laconique, il me faut livrer un petit quelque chose sur une bribe de son oeuvre, pour pouvoir cerner le bonhomme. Jean-Marc Lovay n'est pas l'auteur qui a inventé l'architecture littéraire du rêve mais celui qui la manie le mieux. Si vous regardez La négresse et le chef des avalanches de près, vous vous apercevrez assez vite... [Lire la suite]

21 septembre 2015

Le voyage à l'envers

Ou l'inattendu. Je commence directement l'article avec un titre alternatif, ce genre de truc possiblement annexable à un éventuel making of, à ceci prêt que la chose s'avère complexe à réaliser lorsqu'il s'agit de l'apposer en complément d'un écrit. Et maintenant que je me suis sorti de cette phrase, je ramène Bernard.Bernard Vuillème à ici engendré Pablo Schötz, personnage que je n'ai que vaguement envie d'évoquer s'il s'agit de son état et de sa situation actuelle parce que ce n'est pas le propos. L'important, ou du moins le... [Lire la suite]
08 août 2015

La crique sombre

Pour replacer Notabilia (non pas que nécéssité soit capitale, là, tout de suite, mais le souligner peut-être pertinent), il faut remonter l'arbre généalogique et tomber sur son ancêtre renommé. Eux, ce sont les Allusifs version 1.0, mère du Jour des corneilles de Jean-Francois Beauchemin ou de L'origine du monde, de Jorge Edwards, lesquels m'ont déjà servi à vous boursoufler le cortex il y a quelques temps. Mais pas boursoufler pour rien. Ici, on est plus vraiment paumé dans une forêt québecoise ou assis en terrasse vers le musée... [Lire la suite]
12 mai 2015

Nausée noire

mes morts / vécus même / laissez les réinventer les pierres / secouer la terre / s'ils partent ne disent pas ce que disent les veilleurs / ils ne remontent pas leur présent / n'accouchent pas de fantômes / puisqu'ils passent et repassent / tordent la nuit à rompre les amarres d'un navire / prêt à doubler ma vie   Mohammed Khaïr-Eddine, "Nausée noire" dans "Soleil arachnide", Poésie Gallimard, 2009
05 avril 2015

Le problème du tout

De temps en temps, le problème de l'âge ressurgit. J'attaque fort avec une phrase imbitable, c'est comme ca. Je ne sais pas si on se connaissait à l'époque, mais le problème d'âge et/ou de maturité littéraire s'était déjà posé à l'âge imberbe et l'époque de mon premier contact avec Ivo Andric, qui n'en est pourtant pas la moitié d'un. Il y a des textes avec lesquels on se rend compte que ca ne passe pas. Le flair détecte le texte haut de gamme, la belle plume, la densité des personnages, de l'intrigue, de la construction, l'audace... [Lire la suite]