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Peut-être que vous ne vous êtes jamais penchés sur Lovecraft, ce ne serait pas si aberrant. Laissez-moi vous en toucher deux mots, alors. Parce que même si on le confond avec Warcraft ou Lara Croft, même si on se le figure possiblement comme un austère auteur anglais, on est parfois surpris de le trouver comme un auteur américain imaginatif et torturé, plein de grandes idées sur ce qu'autrefois on qualifiait d'horreur et qui est maintenant rentré dans la grande famille de la science-fiction, bien qu'il s'agisse plus de fantastique.

Ou d'horreur, comme le dit Stephen King. Lui vante vachement HP Lovecraft, à tel point qu'il donne l'impression de vouloir se l'approprier pour légitimer une appartenance à la famille des écrivains que personne ne lui conteste. Si on laisse King de côté pour se concentrer sur Lovecraft, c'est finalement pas plus mal. Mais ce n'est pas le sujet.

On a souvent du vous parler du Mythe de Cthulhu, son oeuvre majeure, mais s'il faut vous donner un aperçu de sa créativité et de son imagination, j'aurais sans doute plus tendance à vous emmener vers La couleur tombée du ciel.
Si on peut trivialement balancer, comme ça, qu'il s'agisse d'une météorite mystérieuse dans un champ, je me doute bien que vous ne seriez pas hyper impressionnés et c'est bien normal. Alors je me permets de vous laisser le titre sous les doigts. Si le narrateur est un personnage qu'on voit finalement peu dans l'intrigue, si le personnage principal est une victime qui le relègue finalement derrière le personnage titre, celui qu'on voit le plus n'est ni vivant ni matériel. Il vient d'ailleurs, interfère insidieusement avec son nouvel environnement (celui des hommes), envahit sans qu'on sache qui il est et d'où il vient et sans même qu'on sache que sa nature de  symptôme est plus complexe qu'il n'y parait.
Le méchant (vous me pardonnerez que le qualifier aussi grossièrement) n'est ni un extra-terrestre, un démon, une armée, un espion ou un dinosaure mais est une couleur. Comme je vous le dis. Et je prefère m'arrêter de vous parler de l'intrigue, vous me comprendrez, pour ne pas trop vous en balancer.

Parce que si on considère ses héritiers involontaires les plus voyants, jusqu'à parfois être sacrément ressemblants, que peuvent être Stephen King et X-Files, on se dit que ce sont un auteur et une série qui ne supportent pas le spoil. Si on peut parler de la fin de Roméo et Juliette avant d'entamer sa lecture, c'est quand même plus dommage avec X-Files. Sauf si on rajoute du fantastique dans Roméo et Juliette, mais ca risquerait de fâcher Shakespeare.
Le spoil interdit, je ne me risquerai à aucune autre conclusion qu'un encouragement à aller vous intéresser à Lovecraft, à plus forte raison qu'il s'agit de nouvelles, dans la plupart des cas. L'univers qu'il déploie est paticulier, j'en conviens, mais la forme courte qu'il a souvent employé encourage à la découverte et au grignotage entre les repas. Les repas étant vos lectures avant et après La couleur tombée du ciel, et plu si affinités.