Puisque je vous aime bien et qu'on sest pas vu depuis longtemps, je vous fais un cadeau. C'es pas grand chose, ca a même plus une tête de cadeau Bonux, je sais bien. Ca me fait plaisir, je voulais vous le livrer. Un vieux message posté il y a plus de quinze ans, quand on portait des convers, que les smartphones étaient un produit de luxe, que Chirac était encore à l'Elysée et que les Jeux à Paris en 2012, on y croyait. Alors voilà, et je vous embrasse:

Dans une ville futuriste, dans un pays lointain et imaginaire contrôlé par le Pouvoir et en proie à une guerre civile sans merci, une menace soigneusement entretenue est omniprésente dans la vie quotidienne : les cadrieux, ennemis invisibles parce que sans visage ni profil particuliers, chercheraient à s’infiltrer. Les habitants qui peuplent la cité vivent dans une paranoïa et dans la politique du chacun pour sa peau. La psychose est entretenue par ces mystérieuses silhouettes furtives, vagues et pourtant bien présentes qui quadrillent la ville. Dans l’immeuble FR72GS a lieu l’exécution sommaire de deux jeunes, dont on se connait pas vraiment les chefs d’accusation. Exécution qui plonge les locataires dans une profonde émotion.

Dans une paranoïa renforcée par cette exécution,  la confiance en l’autre l’évapore définitivement. L’atmosphère devient de plus en plus pesante, et chacun regarde l’autre du coin de l’œil, avec comme problématique et leitmotiv l’identité réelle de chacun. Le amitiés, aussi profonde soient-elles, se font de plus en plus bancales, voire de plus en plus mortes.  Et ce, jusqu’au surprenant dénouement.

 Marine Auriol nous livre ici le troisième volet de la saga « Chroniques du Grand Mouvement », saga au genre théâtral inédit. Une pièce d’ambiance qui nous plonge dans l’atmosphère étrange de la guerre civile, de la méfiance totale. Après « Zig et More » et « L’Angare », publiés aux Editions théâtrales et en vente au Coupe-Papier. Après l’enfant coincé les pieds joints sur une mine et nouant des liens d’amitiés avec le soldat chargé de l’abattre en cas de défaillance ; après une proposition de paix entre les deux partis afin de mettre fin à des massacres organisés et un refus des n°1 des deux clans ; voilà un troisième chapitre de grande qualité digne des plus grands dramaturges.

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