sulli

Aujourd'hui, et juste parce que je n'ai pas froid aux yeux, j'ai décidé de me mettre dans l'embarras tout seul. Force est de constater que je n'ai rien de particulier à dire sur ce recueil Pulphead. C'est très con, je sais. D'un autre côté, l'exercice est intéressant, alors je m'y colle, et promis, je ne noierai pas le poisson.

Pulphead, c'est une soirée passée entre potes à boire des shots de culture américaine. Les chroniques ne sont pas très longues, décrivent pas mal la culture américaine et se tient à ne pas passer par une lecture biaisée par un état d'esprit ou un jugement quelconque. C'est un peu comme un récit de voyage, finalement, mais par un américain et aux Etats-Unis. Et sur les américains.
Parce que bon, y'a de tout, là bas, c'est un monde dans le monde et c'est un peu ce qui rend les Etats-Unis fascinants et partagés entre l'attractivité et la répulsion. Il y a là bas un côté laiteux que Sullivan note et retranscrit sans tenter de l'expliquer, parce qu'il est un peu plus complexe.
On retrouve même plus le ton journalistique que voyageur. Il s'agit de parler des habitants et du pays et pas du tout du voyage éventuel ou du mouvement et du rapport qu'on y a.

La chronique mise en avant pas Fayard, sur la quatrième, concerne a priori le rock chrétien mais plus largement le public qui le fréquente et ces chrétiens là de manière plus général, entre les born again et les évangélistes de tout poils. Et pourtant, alors que ce genre de courant est plus marqué là bas qu'ici, les idées recues pas fondés sur grand chose qu'on se fait en voyant ca d'Europe (et que certainement plein d'américains se font bien qu'ils voient ca depuis chez eux) sont mises à mal et finissent par ne plus avoir lieu d'être.
Et en plus, au delà du caractère journalistique des chroniques (parce qu'on ne peut pas parler de nouvelles, ce ne sont pas des fictions), la plume est plutôt pas mal faite. On n'ira pas jusqu'à parler d'Henri Calet, même si la démarche est la même, mais le résultat final donne des textes bien rythmés et bien foutus et laisse apercevoir Sullivan comme une sorte de rockeur dans l'âme, solitaire et très sociable, curieux de voir ce qui se passe autour de lui et comment ca s'articule.


Le résultat est plutôt satisfaisant, et j'arrive à trouver de quoi remplir mon post. Il faut nécéssairement s'intéresser aux Etats-Unis, les avoir à la bonne ou au moins apprécier un pan de leur culture (ou des auteurs, ou des cinéastes, ou le sport, ou le quotidien, j'en sais rien, mais vous avez peut-être déjà fait un choix) pour lire Pulphead comme il mérite de l'être et avec voir le texte avec la même récéptivité qu'a eu John Sullivan en posant son regard à droite à gauche.
Mais ca ne m'a pas touché plus que ca. Ce n'est pas que je n'aime pas les Etats-Unis, mais sans doute execrecent-ils sur moi une attraction insuffisante pour être transporté par ce que j'ai lu. C'est de là que venait ma crainte de ne rien avoir à dire dessus, mais la crainte ne s'est pas confirmée.
Au delà de ca et du thème qui ne m'a pas passionné, il me faut reconnaitre, quand même, que j'ai passé un bon moment. Et avec un intérêt supplémentaire pour le contenu, j'aurais sans doute porté ce bouquin comme une grande découverte.