lady_huntPendant qu'un charmant papillon pilonne vainement mes carreaux dans l'idée d'aller s'éclater dehors et avant de passer à une autre lecture, je vous invite à un petit détour vers Hélène Frappat. Ne vous inquiétez pas, ce ne sera pas long, et on retournera vers le papillon après.

Hélène Frappat, je la connaissais déjà et en la voyant au programme d'Actes Sud, je me suis dis que l'idée était plutôt pas mal. Je ne me rappelais plus trop de ce que j'avais pensé de Par effraction, mais je gardais (et garde encore, malgré tout) une bonne image de l'auteur. Et puisque cette rentrée sera propices aux bonnes surprises et aux découvertes, hein ?

Alors voilà. C'est rigolo parce que j'ai bien connu le quartier dans lequel ca se passe, mais ca on s'en fout. Si vous le connaissez aussi, ca apporte un côté mignon au bouquin, mais dans le cas contraire, l'intérêt du détail ne m'apparait pas évident.
On sent qu'il y a derrière le texte un sacré travail d'écriture et de romancier, et je respecte toujours éminemment ce les auteurs qui bossent pour obtenir un résultat, alors je ne veux être désoligeant envers personne. Mais ce coup ci, je reste perplexe.
Il y a pas mal de longueurs, en fait, et l'intrigue qui devrait se développer est ralentie par plein de petites vignettes sympathiques, mais qui ne m'apparaissent pas très utiles. Certes, ca contribue à l'ambiance, la construit et la précise, mais on sent que l'intrigue principale, qui devrait être la clé de voûte du texte, en pâtit.
Et c'est justement cette omniprésence des digressions qui ajoute quelques longueurs et laisse l'impression que le roman ne démarre pas. Bien qu'il s'agisse plus d'un roman d'ambiance, on attend toujours que l'histoire principale de l'agent immobilier et de l'appartement à la chambre ovale prenne de l'ampleur. Et finalement, en passant la deuxième, on se retrouve sur un cédez le passage avec une voiture qui nous force à marquer l'arrêt. On sait qu'on repart, mais bon, le trajet reste saccadé.

Encore une fois, il y a un travail fourni qui a demandé un investissement qu'on ne peut pas négliger, attention, mais le résultat est décevant. Crier au scandale serait malhonnête, d'autant plus que la plume est tout à fait honorable (malgré quelques accrocs sans importance), mais bon.
Quoiqu'on pourrait parler de parisianisme, quand même. Pas parce que ca se passe à Paris, mais par l'exploitation de certaines idées et les occurences de certains auteurs comme Stevenson. Il y aurait pu avoir plus sobre pour insérer quelques références dans le roman. Quelques portes d'entrées plus discrètes auraient rendu le texte plus savoureux.

Pardon d'avance aux réfractaires au football, mais une comparaison pour définir le texte final d'Hélène Frappat me vient. Imaginez un joueur qui court avec le ballon, trouve un partenaire avec une passe bien foutue, récupère une passe de ce partenaire en passant un adversaire, en dribble un autre (mais il aurait pu faire plus sobre et moins s'emmerder pour le passer, cet adversaire là), fait lever les spectateurs par sa chevauchée, tire et envoie le ballon largement à côté du but. C'était beau, mais ca a finit par quelque chose d'assez décevant.
Quant au papillon qui cherchait à sortir, il s'est barré.