suisse_heroiqueEt encore, j'aurais pu classer ca dans la catégorie Histoire du blog.

Parce qu'en effet, il s'agit d'un enchainement de contes somme toute assez courts et qui résument la Suisse actuelle, et ceux qui jetteront un petit coup d'oeil sur la table des matières s'élèveront et remarqueront qu'il n'y a là aucun conte ni aucune allusion à la plaine du Grütli où les premiers Confédérés ont convenu qu'il était de bon ton de cracher sur les pompes des autrichiens et ont finalement fondé la Suisse.
Pourtant, à bien y remarquer, on a Guillaume Tell, on a les Zaehringen et Fribourg et même Saint-Gall. Himself. Comme quoi, on peut taxer ce recueil d'histoire de la Suisse et raccrocher cet avis au fait que toutes mythologie est un embellissement de l'histoire ancienne. Et en ces temps immémoriaux, ca se faisait beaucoup, de broder dessus.

J'en conviens pourtant, les ours qui aident le roi de Berne a reprendre la ville à l'usurpateur burgonde, c'est tout à fait fantasque. La lutte de pouvoir entre Zeus et Odin pour un trésor enfoui dans la Sarine et défendu par Nuithon (!), c'est aussi croquignol et pour le coup, à prendre comme une fiction. Et à ce moment là, comme fiction, même si ce n'est pas très touffu et un peu trivial comme le demande et l'exige le genre que Reynold a choisi, c'est raconté avec le lyrisme et l'imaginaire suffisant pour donner malgré tout du cachet au recueil.

Faisons toutefois la part des choses et dissocions le folklore suisse (comme par exemple Bertolt IV et le dragon), des légendes inventées par Gonzague de Reynold (comme cette histoire de batailles de centaures et de valkyries). Du coup, on se retrouve avec un peu de tout là dedans, de la Suisse à plein tubes, en tout cas.