desproges_est_vivantIls sont plein à être morts. Peyo est mort. Davey Boy Smith est mort. Jocelyn Quivrin est mort. Emmanuel Bove est mort. Heath Ledger est mort. Scott Fitzgerald est mort. Pierre Desproges, non.

Pourtant, le recueil d'éloges funèbre constitué par le respectable professeur Rollin et paru pour l'année où on célébrait Desproges en général sous prétexte qu'on l'a mis entre six planches est la preuve irréfutable qu'un sacré paquet de gens le pensent et répandent l'idée à la vitesse vertigineuse qui serait nécessaire à Ravhin l'Afghan pour vider deux bouteilles de bières. Cul sec.
Le livre est publié chez Points et est un catalogue de pleurnicheries de gens connus, de Stéphane Guillon à Guy Bedos, en passant par Alexandre Astier, Albert Algoud, Erik Orsenna ou Philippe Delerm. Il y a même José Garcia et Florence Foresti, c'est dire ! Dans des courtes lettres, la plupart tentent de faire un semblant promo pour rien en publiant une bafouille transparente destinée à pleurnicher parce que Desproges ne cause plus dans le poste. Evidemment, mais reconnaissons au moins qu'il est toujours vivant, il n'y a qu'à remarquer les personnes qui réagissent aux prémices d'une de ses citations et qui la continue en choeur avec vous. Desproges survit, à tel point que même ceux qui sont nés pendant ou après son départ connaissent ses mots. Les plus conquis pourchassent même sur Dailymotion des vidéos du Petit Rapporteur, entre les batailles de boudins blancs avec Prévost dans une charcuterie et une interview de Francoise Sagan.
Toutefois, qu'on ne se trompe pas. Certaines des lettres ne sont pas transparentes à tel point que l'on peut chercher comme intérêt une promo de l'auteur. Certaines sont bien écrites, certaines ont du sens, au milieu de cet amas de propositions circonstancielles. Celles de Guillon, Astier ou Edika peuvent servir et on s'en délecte, même si elles sont trop éphémères et qu'elles sont coupées dans leur élan par le cahier des charges imposé par Rollin: mille cinq cents caractères, plus ou moins x%.
La seconde partie, sorte de best of de Desproges, regroupent des citations qui perdent une grande partie de leur saveur une fois qu'elles sont amputées du reste du texte original, sorties du contexte. Hélas. Mais passons.
Une rapide coup d'oeil en librairie parait pourtant absolument indispensable. Franchir le pas et le lire dans son lit ou aux toilettes, dans le métro ou dans le canapé du salon appartient au jugement de chacun.