Le_grand_loinAdnihilo est un peu fatigué, là, tout de suite. D'un autre côté, il n'a dormi que cinq heures la nuit dernière, et fait porter le chapeau à Pascal Garnier.
Même si je replace ce genre de phrase à chaque fois que je décide de parler d'un texte de Pascal Garnier: je ne vais pas vous recracher sa bio, j'en suis au stade supérieur dans ma découverte de cet auteur. Pour autant, j'admets volontiers qu'on ne connaisse pas encore Garnier, mais sachez qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire. Pour vous donner une idée de qui c'est'y que ce bonhomme là, c'est pas La théorie du panda que j'ai commencé, et qui restera dans l'histoire puisque c'est le premier bouquin que j'ai défendu au point de l'offrir à ma soeur le 25 décembre, bien qu'elle ait pour la dernière fois lu un livre en 1993.
(J'en profite, avant de parler du grand Loin, pour préciser qu'on est pas non plus obligé de commencer la biblio de Garnier par La Théorie du Panda. Je ne suis pas stalinien à ce point.)

Pour ceux qui connaissent déjà Pascal Garnier et qui l'ont déjà lu, sachez bien que Le grand Loin est, de tous ceux que j'ai lu, le meilleur. Jusqu'à présent.


Et pis il change des autres, le grand Loin. Il laisse une plus grande place à l'imaginaire du lecteur. On sait ce qui se passe, on se doute que quelque chose de gigantesque nous attend à la fin, mais on se doute que le dénouement diffèrera de ses précédents romans. On voit quelque chose en plus.

Petite parenthèse pour signaler quand même la construction d'un roman de Pascal Garnier. Tout se situe dans la fin, généralement un élément imprévisible qui se terre dans les dernières pages, les cent cinquante premières pages servant à planter les personnages et à les attifer d'un réalisme à couper au couteau rien que pour accroître encore la soudaineté du truc. (D'accord, ma gueule; promis Pascal, je laisse la surprise).
Le problème pour en parler, de fait, se trouve dans la fin. On ne peut pas vraiment parler d'un de ses bouquins en occultant la fin et la chose est, dans l'argumentaire du grand Loin, plus épineuse que pour les autres.
Parce que même cette fin là, elle n'est pas comme les autres, elle laisse planer encore tout plein de choses, les laisse en suspens et laisse aussi le soin au lecteur d'interpréter comme il veut ce que Garnier a volontairement tu. Je comprendrais que du coup, certains soient frustrés de ces questions dont chacun apporte sa réponse, mais c'est aussi ca qui caractérise un bon bouquin (comme San'kia): s'il y a plusieurs manières de le lire et de le savourer, il y a plus de discussions autour, et c'est tout aussi savoureux que la lecture. Mettre à plat ses impressions et sa manière d'appréhender le texte en en parlant avec d'autres qui l'ont aussi lu.

En tout cas, quand je serais grand, je serais Pascal Garnier.